En avril 2014, nous avons passé quelques jours en Lorraine, du côté de Verdun et du Saillant de Mihiel...

 


Hattonchâtel...

Résidence principale de Hatton, évêque de Verdun au IXe siècle, Hattonchâtel est au Moyen-Age une forteresse importante. Au XVIIe siècle, le village est saccagé lors de la guerre de 30 ans.
Situé dans la zone du saillant de Saint-Mihiel, le village subit d'énormes destructions en raison des bombardements. Lorsque les troupes américaines arrivent en 1918, Hattonchâtel n'est plus qu'un champ de ruines.

En 1919, Miss Belle Skinner décide d'aider le village à reprendre vie.

Nécropole nationale de Saint-Rémy-la-Calonne...

Parmi les croix blanches se trouvent celles d'Alain-Fournier et de ses compagnons disparus le 22 septembre 1914, et dont les restes ont été retrouvés en 1991, ainsi que celles de nombreux inconnus...

Les Eparges... la route serpente gentiment, protégée par de grands arbres, pour déboucher soudain entre deux cratères impressionnants, violents, partiellement remblayés par le temps...

Le Fort de Troyon...

Construit après la guerre de 1870, ce fort fait partie de la ligne de défense entre Nancy et Verdun.

Prévu pour une garnison de 800 hommes, il en accueille 450 en 1914.

 

Tombé dans l'oubli durant 80 ans, le Fort de Troyon est aujourd'hui entretenu par une association de sauvegarde "Ceux de Troyon". 

Le bois d'Ailly, la tranchée de la Soif, la tranchée des Bavarois, le cimetière allemand de Saint-Mihiel...


"L'hôpital allemand dans la forêt de Gobessart : 

Le but du service de santé était de porter les premiers secours aux blessés et de les évacuer vers l'arrière. Cette tâche dangereuse était accomplie par les services de santé régimentaires. Les blessés recevaient alors les premiers soins derrière un abri naturel ou dans des postes de refuge plus ou moins improvisés. Très près, en arrière des lignes, étaient installés des postes de tri et d'évacuation, qui n'étaient qu'une étape, un relais, où les blessés recevaient les soins urgents, pansements provisoires, arrêts de l'hémorragie, pose d'appareils, piqûres, avant d'être évacués sur les ambulances de l'arrière.

L'hôpital allemand est un de ces postes de tri, construit en dur, comme un abri, capable de résister aux bombardements et aménagé pour recevoir les blessés avant leur évacuation. Cet ouvrage de 35 m de longueur comprend une grande pièce de 13 m sur 4 m et trois plus petites.

Un chemin de fer à voie étroite de 0 m 60 existait à cet endroit. Tiré par des chevaux pour éviter d'être repéré, il conduisait les blessés à l'arrière. 

Un hôpital ambulance se trouvait dans l'école de Woinville. L'hôpital d'évacuation des blessés vers l'arrière se trouvait à Vigneulles-les-Hattonchâtel où les trains sanitaires emportaient les blessés transportables vers Metz et l'Allemagne.
Les blessés allemands de la boucle du Saillant et du Bois d'Ailly étaient emmenés à Saint-Mihiel où l'on dénombrait la présence d'au moins onze "Lazaret" dont le plus important se trouvait à l'hôpital Sainte-Anne.

Le même dispositif existait sur le front français du Bois d'Ailly et du Bois Brûlé : des postes de secours se trouvaient au Bois d'Ailly, à l'Etang de Ronval, à Marbotte, à la ferme de la Commanderie et dans les carrières de Marbotte. De là, les blessés étaient évacués sur les hôpitaux de campagne ou les ambulances, disséminés dans les villages et villes proches : Ménil-aux-Bois, Mécrin, Sampigny Lérouville, Aulnois-sous-Vertuzey, Chonville, Commercy...
Les blessés français étaient évacués par trains sanitaires sur l'arrière par les hôpitaux d'évacuation de Void et de Pagny-sur-Meuse."

 

Texte du panneau explicatif de

l'hôpital allemand de la forêt de Gobessart.

La croix des Redoutes...

Verdun...

Fey-en-Haye...

Située sur le saillant de Saint-Mihiel, ce village qui compte une centaine d'habitants en 1914, est totalement dévasté après la guerre. Il est alors reconstruit à quelques centaines de mètres au sud de son emplacement initial.

L'église reconstruite en 1923-1924 commémore les combats de Bois le Prêtre. Ses vitraux, oeuvre de Jacques Grüber, sont classés aux Monuments Historiques. Le monument aux Morts est sur la façade même de l'église.

Baccarat... nécropole nationale de Badonviller...

Ville connue pour la finesse de son cristal, Baccarat est aussi un lieu de combats où fut décimé le 86e R.I., régiment basé au Puy-en-Velay, le 25 août 1914.

Le régiment avait reçu l'ordre de franchir le pont, tandis que les Allemands étaient installés en face, sur les terrasses de la cristallerie...

De nombreux soldats tombés ce jour-là reposent à la nécropole nationale de Badonvillers.

La butte de Vauquois...

Nous avons eu la chance d'être présents à Vauquois un jour d'ouverture au public et de pouvoir suivre un guide de l'association Butte de Vauquois dans les dédales des galeries existant sous la butte.

Ce lieu est représentatif de la guerre des mines, guerre souterraine pour la possession de lieux stratégiques.

Vauquois = environ 14 000 soldats tués, 519 explosions, 17 kilomètres de galeries, un village totalement anéanti, un paysage lunaire... 

Le Mort-Homme...

Entre le 6 et le 15 mars 1916, les combats font rage sur ce secteur du front.

 

" Le 14 mars est peut-être la journée où nous avons reçu le plus d'obus de toute la guerre. Sur notre petit front, les observateurs de l'arrière ont compté à peu près 120 coups par minute, ce qui fait 50 000 obus en 6 heures. D'une section, il reste trois hommes qui refluent vers leurs camarades ; le capitaine les cingle de cette apostrophe : "La 4e section ne fait pas son devoir !" et les trois pauvres bougres retournent en position à côté des cadavres de leurs camarades. Sur 12 mitrailleuses, il y en a 11 hors service. Les hommes sont fatigués mais non démoralisés. "Vivement qu'ils attaquent, disent-ils, au moins on ne sera plus bombardés." Enfin, la préparation d'artillerie étant jugée suffisante par l'ennemi, celui-ci se lance à l'attaque. On le repousse à la baïonnette. Pas un pouce de terrain n'est perdu."

Témoignage de Jean VICHY, caporal-brancardier, 98e R.I. en ligne à droite du Mort-Homme en mars 1916

La tranchée des Baïonnettes...

Ce monument datant de 1920 recouvre les sépultures de sept soldats français inconnus morts en 1916. Des fouilles effectuées par le service des sépultures de guerre avait permis de découvrir les corps de 21 Français, les fusils qui dépassaient signalant les corps enfouis par l'ennemi dans ce boyau peu profond. Mais une légende raconte qu'une compagnie aurait été ensevelie lors d'un bombardement, fusils à la main...

Les villages disparus durant l'offensive de 1916 lors de la bataille de Verdun sont au nombre de neuf, dont six n'ont jamais été reconstruits, étant situés en "zones rouges", zones provisoirement ou définitivement interdites par la loi. 

 

Ces communes "Mortes pour la France" sont Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières-le-Mort-Homme, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux et Louvemont-Côte-du-Poivre. Ces communes sont administées par un conseil municipal nommé par le préfet de la Meuse.

Seicheprey et Saint-Baussant...

Entre septembre et décembre 1914, le secteur de Seicheprey et de la plaine de Rémières sont le théâtre de combats où disparaissent près de 1 500 hommes du 286e R.I. du Puy.

 

Aux environs de Seicheprey se trouvent aujourd'hui des tranchées allemandes et françaises, entretenues ou reconstituées.

Flirey et Remenauville...

 

Le village de Remenauville compte 138 habitants en 1911. Occupé par les Allemands de septembre 1914 à septembre 1918, traversé par la ligne de front durant toute la guerre, ce village situé sur le saillant de Saint-Mihiel fut totalement détruit. Une chapelle du souvenir marque l'emplacement de l'église. Son nom a été accolé à celui de Limey formant ainsi la commune de Limey-Remenauville afin d'en conserver le souvenir. 

Nécropole nationale

de Noviant-aux-Prés...


Nécropole nationale de Saint-Mihiel...


Les cimetières militaires et monuments américains sont tous impressionnants, solennels, grandioses... Les allées sont tirées au cordeau, les pelouses impeccables. Un conservateur est présent pour vous aider si nécessaire.

 

Les cimetières militaires allemands sont plus modestes avec leurs croix grises.

Le monument de Pennsylvanie, à Varennes...


La butte de Montsec...

Dominant le lac de Madine, le mémorial commémore les offensives menées par l'armée américaine en 1918 pour réduire le saillant de Saint-Mihiel.

Le cimetière militaire allemand de Thiaucourt... 

comporte également des tombes de soldats tombés en 1870.