La loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des Morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale, prévoit la tenue d'un Livre d'Or, portant les noms des Morts pour la France, nés ou résidents dans la commune, ainsi que la construction d'un monument national à Paris.

Elle invite les communes à prendre "toutes mesures de nature à glorifier les Morts pour la Patrie" avec l'aide de l'Etat.

Les monuments se sont substitués aux Livres d'Or. 

Quelques monuments aux Morts furent érigés en Haute-Loire dès 1920. Mais 1921 est la grande année des inaugurations, parfois plusieurs chaque dimanche. Ainsi, au cours de l'été 1921, on inaugure les monuments de Laussonne, Le Monastier, Saint-Privat d'Allier, Saint-Pierre Duchamp, Saint-Julien Chapteuil, Vergongheon, Cayres, Vernassal, Saint-Germain Laprade, Pradelles, Vals-près-Le-Puy, Allègre... etc...

Les monuments, dont le coût moyen varie de 5 000 à 25 000 francs, sont financés par souscription publique et par les communes, avec parfois une aide de l'Etat, prévue dans la loi de finances de 1920.

Souvent, on trouve à l'origine de la souscription la très active "Union des Pères et Mères", dont les fils sont morts pour la Patrie. En Haute-Loire, la président en est M. Grellet de la Deyte, ancien conseiller général d'Allègre, qui a perdu deux fils au combat ; le président d'honneur est M. Gibelin, ancien maire du Puy, dont le fils Auguste, soldat du 38e Régiment d'Infanterie, décédé dès le 2 septembre 1914, compte parmi les premières victimes. La liste des souscripteurs est publiée dans les journaux. La charge est lourde pour les petites communes ; certaines ne parviendront à financer leur monument qu'au bout de plusieurs années. Mais toutes auront le leur.

Si stèles, pyramides, obélisques ou colonnes l'emportent, on retrouve beaucoup d'emblèmes militaires et d'allégories : casques, faisceaux de drapeaux ou d'armes, palmes, couronnes de lauriers, urnes, flammes ; on fait figurer le coq, symbole de la patrie gauloise, mais surtout le Poilu, personnage central de la guerre.

Les inaugurations donnent lieu à des rassemblements de toute la population, avec des discours reproduits souvent in extenso dans les journaux de l'époque.


Aujourd'hui, comme déjà en 1921, devant les monuments, on célèbre moins la victoire qu'on en appelle à la paix.