Quelques monuments aux Morts furent érigés en Haute-Loire dès 1920. Mais 1921 est la grande année des inaugurations, parfois plusieurs chaque dimanche. Ainsi, au cours de l'été 1921, on inaugure les monuments de Laussonne, Le Monastier, Saint-Privat d'Allier, Saint-Pierre Duchamp, Saint-Julien Chapteuil, Vergongheon, Cayres, Vernassal, Saint-Germain Laprade, Pradelles, Vals-près-Le-Puy, Allègre... etc...

Les monuments, dont le coût moyen varie de 5 000 à 25 000 francs, sont financés par souscription publique et par les communes, avec parfois une aide de l'Etat, prévue dans la loi de finances de 1920.

Souvent, on trouve à l'origine de la souscription la très active "Union des Pères et Mères", dont les fils sont morts pour la Patrie. En Haute-Loire, la président en est M. Grellet de la Deyte, ancien conseiller général d'Allègre, qui a perdu deux fils au combat ; le président d'honneur est M. Gibelin, ancien maire du Puy, dont le fils Auguste, soldat du 38e Régiment d'Infanterie, décédé dès le 2 septembre 1914, compte parmi les premières victimes. La liste des souscripteurs est publiée dans les journaux. La charge est lourde pour les petites communes ; certaines ne parviendront à financer leur monument qu'au bout de plusieurs années. Mais toutes auront le leur.

Si stèles, pyramides, obélisques ou colonnes l'emportent, on retrouve beaucoup d'emblèmes militaires et d'allégories : casques, faisceaux de drapeaux ou d'armes, palmes, couronnes de lauriers, urnes, flammes ; on fait figurer le coq, symbole de la patrie gauloise, mais surtout le Poilu, personnage central de la guerre.

Les inaugurations donnent lieu à des rassemblements de toute la population, avec des discours reproduits souvent in extenso dans les journaux de l'époque.


Aujourd'hui, comme déjà en 1921, devant les monuments, on célèbre moins la victoire qu'on en appelle à la paix.

Le Monument aux Morts de Saint-Julien Chapteuil

Le monument aux Morts de Saint-Julien Chapteuil a été érigé d'après une liste établie le 23 décembre 1920 par M. Layes, adjoint municipal.

 

Il est dû à la collaboration de M. Terrasse, ingénieur des travaux publics, concepteur des plans, de M. Léon Richier, tailleur de pierres, et de M. Jules Vincent, pour la partie ferronnerie.

 

L'emplacement initial était situé sur la place de la mairie, juste devant l'hôtel Sabatier. La petite histoire veut que cet emplacement ait été choisi par le maire M. Vernet pour "contrarier" M. Sabatier, son rival malheureux aux élections municipales.

En 1954, à l'initiative du maire Louis Boyer, le monument fut transféré avenue Jules Romains, dans l'espace vert situé au niveau de l'actuel rond-point. Plusieurs motifs furent invoqués : 

- le monument était placé à un carrefour, à l'intersection des routes départementales 15 et 28 ;

- les bêtes de boucherie, qu'on amenait à la place haute du marché, étaient souvent attachées à la grille qui entourait le monument, ce qui pouvait être jugé indécent, en attendant qu'on les pèse sur la bascule publique située à côté de la mairie ;

Le monument fut donc transféré, mais sans ses grilles et ses canons, probablement disparus pendant la dernière guerre. Le coût du transfert s'élevait à 100 000 anciens francs.


Aujourd'hui, le monument aux Morts est situé sur l'une des esplanades de l'escalier boiteux, en contrebas de l'église.

En faisant nos recherches sur le Monument aux Morts de Saint-Julien Chapteuil, nous avons trouvé dans un grenier une plaque émaillée sur laquelle restaient quelques médaillons. Nous avons supposé qu'à l'origine cette plaque, ainsi que deux ou trois autres, était disposée sur le monument. 
Mais de ces médaillons, seuls 21 ont donc été retrouvés, dont 19 photos et 2 comportant seulement des noms... pour 101 figurant sur la liste.

Il se peut que l'un de ces visages se trouve dans vos albums de famille... merci de nous aider à leur rendre hommage en leur rendant leur identité.