La Première Guerre Mondiale a mobilisé l'ensemble des sociétés des pays engagés, à l'arrière comme au front. 

Comment les civils, à l'arrière, ont-ils vécu la guerre ? Quel a été le quotidien des femmes, qui ont dû remplacer du jour au lendemain les hommes dans les champs ou les usines ?

L'économie toute entière se met progressivement au service de la guerre. Alors que la guerre s'enlise dans les tranchées, les usines deviennent des fabriques d'armement, et les femmes remplacent les hommes partis au front, au côté des ouvriers qualifiés que l'on fait revenir dès 1915. L'Industrie est désorganisée. Le Creusot, par exemple, perd un tiers de sa main d'oeuvre.

Les femmes travaillent aussi dans les transports, dans les champs, aidées par les non-mobilisés, les vieillards, les enfants.

Une fois la paix revenue, le pays les renverra souvent dans leurs foyers.

En France, juste à l'arrière du front, les populations constituent aussi des cibles pour l'ennemi, et subissent des violences inouïes, du blocus allié aux atrocités de la guerre en zone occupée, là où la frontière entre combattants et civils s'estompe.

A partir d'octobre 1914, l'invasion allemande en France touche dix départements (Nord, Somme, Marne, Ardennes, Vosges, Meuse, Pas-de-Calais, Aisne, Oise, Meurthe-et-Moselle) et prive le pays de 74% de sa production de houille, 81% de sa production de fonte, 63% de sa production d'acier. Les régions minières, sidérurgiques et textiles des départements du Nord constituent alors, avec Paris, la plus puissante région industrielle du pays. Une partie des machines les plus modernes sont démontées et transférées en Allemagne, le reste étant utilisé sur droit de réquisition. 

Dans les campagnes, une grande partie du cheptel est confisqué, tant pour les transports que pour nourrir les soldats.

En outre, une bonne partie de la production alimentaire est réquisitionnée pour l'usage local des troupes ou pour être expédiée en Allemagne, qui subit le blocus des Alliés.

A partir de 1916, de nombreux civils français et belges sont déportés, au titre du travail forcé, notamment dans les Ardennes.

Dans les zones situées côté français, les habitants des localités trop proches du front fuient ou sont évacués. Ils gagnent des zones plus sûres, dans des régions qui s'organisent dans le même temps pour accueillir les soldats français et britanniques. Ainsi, la présence massive de troupes constitue un marché aux civils qui leur fournissent de la nourriture et des loisirs. 

La situation n'est donc pas la même pour tous. Certains civils souffrent moins que d'autres, tandis que d'autres s'enrichissent, profitant de l'économie de guerre, menant une vie agréable, alimentant le ressentiment des Poilus à l'égard de l'arrière.

Quatre années durant, la majorité des civils sera durement éprouvée.

Loin des zones de combats, Saint-Julien Chapteuil, comme toutes les communes, paie un lourd tribut à la Grande Guerre, comme en témoignent les 102 noms gravés dans le marbre du Monument aux Morts.

Quand la mobilisation générale est déclarée, le 1er août 1914, on est souvent persuadé que la guerre sera courte, que les hommes seront de retour d'ici quelques semaines, au plus tard avant Noël. Comme dans toutes les campagnes, on s'organise pour faire les récoltes. 

Le Préfet de Haute-Loire et le maire du Puy signent une missive dans laquelle ils demandent aux hommes non-mobilisables de suppléer les agriculteurs appelés sous les drapeaux.