Entre 1870 et 1905, la France a été marquée profondément par la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace et de la Lorraine. 

Les chants patriotiques ont fleuri. Au début, ils étaient indissociables des grands mouvements politiques de l'époque. Pour beaucoup, ils trouvaient leur origine principale dans les mouvements dits revanchards, bien que certains proviennent d'anciens communards tels que Monthéus, Soubise...

 

De 1870 à 1914, la chanson revancharde a soigneusement exacerbé le sentiment d'injustice envers l'Allemagne qu'avait lassé la défaite de la guerre de 1870, tandis que la chanson patriotique chantait l'amour et la grandeur de la France.

 

Les mouvements politiques de droite, dirigés notamment par Paul Déroulède puis Maurice Barrès, ont clairement affiché leur opinion en utilisant tout ce qui leur tombait sous la main, y compris les chansons. L'Alsace est exaltée, les chansons nostalgiques donnent parfois place à une haine franchement affichée vis-à-vis de l'Allemagne. 

 

A partir de 1905, les chants deviennent moins revanchards. Ils s'adressent à toutes les catégories sociales, glorifient tous les corps d'armée, y compris les plus récents tels que l'aviation, avec par exemple "A la France, donnons des ailes" chanté par Marcelly. L'Alsace reste un motif très fréquemment invoqué. La Marseillaise apparaît dans de nombreuses oeuvres, telles que "La Vivandière" de Benjamin Godard, créée en 1905, ou encore "L'enfant chantait la Marseillaise".

 

Pendant la guerre, tout le pays est légitiment engagé contre l'Allemagne, et chacun propose ses services pour soutenir les soldats au front ou alerter les populations des dangers de l'espionnage. On voit le mal partout, et les chansons proclament haut et fort l'amour du pays, comme la peur de l'ennemi, et redoublent d'audace pour entretenir la haine entre les deux peuples ('Le violon brisé").

 

Des chanteuses, comme Marthe Chenal, se présentent sur scène enveloppées dans le drapeau tricolore, et chantent la grandeur de la nation. D'autres, comme Paulus ou Félix Mayol, soutiennent l'effort national en allant parfois sur le front donner des spectacles à l'attention des Poilus.

Les chansons soutiennent également l'effort des soldats et soulignent leur héroïsme face à l'ennemi, comme "Verdun, on ne passe pas !".

Enfin, à la fin de la guerre, les chansons célèbrent la victoire... "La Madelon de la victoire".

 

Et bien sûr, des chansons célèbrent plus particulièrement certains régiments...