Au lendemain de la guerre, on compte en Europe près de sept millions d'invalides, dont près de 300 000 aveugles, mutilés d'un ou plusieurs membres, blessés de la face ou du crâne.

La nature des armes de guerre utilisées est à l'origine de ces blessures particulièrement graves.

Les progrès de l'asepsie et les débuts de la chirurgie réparatrice permettent de maintenir en vie ces blessés pour qui les années à venir seront un nouveau cauchemar.

Ces hommes atrocement mutilés, traumatisés par leurs blessures comme par ce qu'ils ont vécu, ont honte de se montrer, et leur réinsertion dans la société civile est particulièrement difficile. Rien n'est prévu pour eux. Une blessure au visage n'est alors pas considérée comme une infirmité et n'entraîne donc aucun droit à une pension d'invalidité. 

L'Union des Blessés de la Face et de la Tête, "Les Gueules Cassées", créée en 1921 par trois grands blessés de la face, est reconnue association d'utilité publique en 1927.